Extension Cathares et Inquisition (teaser)


L’extension Cathares et Inquisition pour Fief France 1429 introduit dans le jeu les cathares, et l’inquisition qui en découle. Les cathares autorisaient les femmes à servir l’Eglise et même à la diriger. Leur vie de prières et de dénuement les amenèrent à combattre l’opulence de l’Eglise et la mainmise du Roi sur leurs territoires.

Cette extension permet aux seigneurs homme ou femme d’appartenir à l’ordre des Cathares. Les femmes peuvent ainsi avoir un nouveau rôle, autre que de se marier ou de devenir D’Arc. Elle donne aux cathares la possibilité de protéger leur évêché des Dîmes en menaçant de les « capter » à la place de l’Eglise.

Et cette extension introduit également le thème de l’Inquisition qui sévissait à l’époque, soutenue par le roi qui avait des visées géopolitiques sur le Sud de la France. Une fois désigné, le Grand Inquisiteur peut capturer, juger, soumettre à la Question et parfois exécuter les cathares.

Mais avant de poursuivre avec la règle de l’extension, voici un peu d’histoire.

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Les cathares (du grec « catharos » qui signifie pur) qu’on appelle aussi albigeois (de la région d’Albi) sont apparus dans le sud de la France entre le Xe et XIIe siècle avec un essor très rapide qui effraya l’Eglise catholique. Les guides religieux Cathares se désignaient eux-mêmes comme « Bons Hommes », « Bonnes Dames » ou « Bons Chrétiens » et leurs ennemis contemporains les appelaient les « hérétiques albigeois » ou « parfaits » pour « parfaits hérétiques ».

Pour les cathares, la mort n’était pas redoutée car elle pouvait signifier la délivrance. Ce mépris de la mort leur donna l’énergie nécessaire pour combattre le roi de France et le pape. Dès 1147, des moines furent envoyés pour redonner la raison aux albigeois, mais tous échouèrent. Le pape en vint progressivement à penser qu’il fallait mener contre eux une guerre sainte. Vers 1209, 300 000 croisés descendirent dans la vallée du Rhône et assiégèrent Béziers puis Carcassonne. Une seconde croisade eu lieu en 1226 avec le roi de France en personne à sa tête.

Après la signature du traité, le tribunal d’Inquisition fut créé et confié à une poignée de dominicains. Jouissant d’un pouvoir sans limites, les inquisiteurs sillonnèrent le Midi pour débusquer les hérétiques. Mais ces mesures ne suffirent pas à étouffer l’aspiration du Midi à croire et à gouverner comme il l’entendait. Une seconde révolte secoua la région après l’assassinat, en 1242, des juges du tribunal de l’Inquisition par des chevaliers cathares. Une paix définitive fut signée à Lorris en 1243 entre le roi de France et le comte de Toulouse. C’était la fin de l’Occitanie indépendante et surtout du catharisme. Pour leur porter le coup de grâce, il fallut cependant prendre la forteresse de Montségur en 1244, symbole du refus de l’autorité royale. Ne disposant plus d’aucun refuge sûr, pourchassés par les inquisiteurs, les derniers cathares vécurent comme des bêtes traquées, suscitant parfois de brèves révoltes. Les Parfaits (ou « Purs ») survivants émigrèrent en Europe.

Ainsi disparaissait la culture la plus raffinée de l’époque : la civilisation occitane issue du mythe de la chevalerie, de l’honneur chevaleresque et de l’amour-courtois, honorée par les troubadours.

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Quant à l’Inquisition, elle a été créée au XIIe siècle en France pour empêcher la diffusion du sectarisme, principalement celui des Cathares et des Vaudois. Cette Inquisition médiévale fut associée à partir du milieu du XIIIe à l’ordre dominicain. Elle a duré jusqu’au XIVe siècle et a notamment persécuté les Templiers et les Béguines. À la fin du Moyen Âge, le concept et la portée de l’Inquisition furent significativement étendus, en Espagne et au Portugal ainsi qu’aux colonies de leur empire, en particulier pour contrer la réforme protestante et pour traquer les juifs et les musulmans faussement convertis au catholicisme. À la fin du XVe siècle, en particulier, l’Inquisition espagnole condamna beaucoup d’hérétiques au bûcher, organisant des autodafés de grande ampleur qui ont instauré une terreur durable ; toutefois, ensuite, la proportion des peines les plus lourdes diminua rapidement au cours du XVIe siècle. Alors qu’elle était sur le déclin, ses opposants, en particulier les protestants des pays colonisateurs concurrents de l’empire espagnol, ont commencé une campagne de contre-propagande qui a popularisé une exagération de sa violence réelle (la légende noire de l’Inquisition). L’institution a perduré au XVIIIe siècle, avant d’être abolie hors des États papaux au début du XIXe, après les guerres napoléoniennes. Elle a été réformée en 1908 par le pape Pie X, sous un nouveau nom et avec de nouveaux objectifs, en tant qu’une des congrégations de la Curie romaine ; elle est devenue en 1965 la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Dans l’Histoire, il y a eu plusieurs juridictions spécialisées de ce type. Il est possible de distinguer trois différentes inquisitions, qui font l’objet d’articles séparés :

  • l’Inquisition médiévale, introduite devant les tribunaux ecclésiastiques par le pape Grégoire IX en 1231 ;
  • l’Inquisition espagnole, inféodée à la couronne d’Espagne, fondée en 1478 et supprimée en 1834, et l’Inquisition portugaise, inféodée à celle du Portugal, dont l’Inquisition dans les colonies espagnoles et portugaises ont dépendu ;
  • l’Inquisition romaine (Congrégation de l’Inquisition romaine et universelle), fondée en 1542, remplacée par la Sacrée Congrégation du Saint-Office en 1908.

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Et les cathares avaient aussi un trésor ! Après la chute de Montségur, de nombreux cathares émigrèrent en Italie. C’est là qu’ils ont sans doute transféré leur trésor. Il s’agit peut-être du vieux trésor wisigoth d’Alaric, caché dans les environs de Carcassonne. Cependant, au début du XXe siècle, près de Rennes-le-Château, l’abbé Béranger Saunière fait des dépenses exubérantes sans que l’on sache d’où venait sa fortune. Une chose est sûre, ce curé a trouvé un trésor. Pourrait-il s’agir du trésor des cathares ? N’oublions pas qu’à Montségur, des assiégés se sont enfuits du château pour une destination mystérieuse.

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Le texte ci-dessus est le début de mon extension Cathares et Inquisition. J’espère que cela vous aura donné envie de voir la suite … Elle est dans les mains d’Asyncron.

Laissez-moi un message d’encouragement ; ça fait toujours plaisir 😉

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2 nouvelles extensions en octobre ?


De retour de vacances, que m’aperçois-je sur le blog de maître Philippe Mouchebeuf ?

Il sera présent au Festival du jeu de Périgueux les 7 et 8 octobre 2017 et présentera le nouveau plateau de jeu avec la carte de France et deux exclusivités : les nouvelles extensions « Robin des Bois » et « Razzias sarrasines ».

Est-ce que quelqu’un en sait (déjà) un peu plus sur ces deux nouvelles extensions ? Des images ? Allez, un peu de teasing !

Les extensions et variantes que je joue


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Voici la liste des extensions, options et variantes que je joue systématiquement :

  • Possibilité de remplacer le Seigneur femme de départ par un Seigneur homme
  • Pas de calamité au 1er tour : elles sont défaussées
  • Au 1er tour, possibilité de défausser une carte Cardinal tirée et de retirer une carte Personnage
  • Election du Pape à la majorité relative au lieu de la majorité absolue
  • Achat d’un seul moulin par tour et limite d’un seul moulin présent par Village
  • Limiter l’effet de la carte Souterrain : elle n’annule qu’un dé contre une Cité
  • Carte Embuscade étendue à toutes les situations de proximité de Seigneurs, y compris à la phase Déplacements
  • Pas d’autre excommunication possible avant la mort du Seigneur excommunié
  • Excommunication moins durable : annulée si le Pape meurt ou est prisonnier, ou si le Seigneur se croise (il se rachète)
  • +1 Point de Victoire pour gagner le jeu en alliance
  • Extension Politique : Caractères
  • Extension Tactique : Archers, Bombardes, Gardes royaux (donc sans les Mercenaires)
  • Extension Chevaliers Teutoniques
  • Extension Templiers
  • Les comanderies ne rapportent qu’un seul écu

et celles que je joue parfois :

  • Extension Croisades
  • Défausses des cartes faces cachées
  • Moral au combat : un Seigneur accumule +1f pour un prochain round s’il gagne une bataille
  • Option Brouillard de guerre
  • Option Reliques
  • Extension Politique : Conseillers
  • Extension Tactique : Mercenaires

Et vous ?

Quelques précisions sur les caractères


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Voici quelques questions sur les caractères (extension Politique) dont la réponse ne figure pas encore dans LA faq en français sur BGG.

Q : Bien que la règle indique « systématiquement », le seigneur Tyrannique taxe-il quand même le village où il se trouve s’il ne le contrôle pas : prisonnier, assiégeant  une fortification, en simple campement sur un village ?
R : Non, pas s’il est prisonnier. Mais oui s’il est libre de mener ses actions tyranniques sur le village, même s’il ne le contrôle pas.

Q : Bien que la règle indique « Il est toujours possible », peut-on mettre une révolte sur le seigneur Tyrannique s’il est prisonnier ?
R : Non.

Q : Le seigneur Malchanceux empêche-t-il de mettre une carte Bonnes récoltes ou Beau temps sur l’évêché s’il est prisonnier ?
R : Oui, sa présence suffit.

Q : Le seigneur Maudit attire-il les calamités lorsqu’il prisonnier ?
R : Oui, sa présence suffit.

Q : Le seigneur Béni est-il immunisé contre la peste même prisonnier ?
R : Oui.

Q : Le seigneur Charismatique perçoit-il un écu s’il se trouve sur un chef-lieu d’évêché mais sans en avoir le contrôle : prisonnier, assiégeant une fortification, en simple campement sur un village ?
R : Oui, même prisonnier les foules et ses geôliers lui font un traitement de faveur.

Qu’en pensez-vous ?

Attaquer avec des archers seuls ?


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Attaquer avec un archer seul (et un seigneur bien sûr) peut être intéressant pour s’emparer d’un village non fortifié uniquement gardé par un pion Sergents. Un village avec un moulin par exemple.

Car cela permet de gagner à coup sûr au moment du tir des archers sans qu’aucun round de bataille ne soit engagé, autrement dit sans que le défenseur ne puisse se défendre.

C’est pratique quand on a plein de seigneur et qu’on veut absolument occuper un village.

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Mais attention au retour de manivelle car ça laisse le seigneur seul avec un archer, vulnérables pour le tour suivant. Même en calculant bien son coup, il faut quand même être prêt à perdre le seigneur car à Fief les imprévus sont fréquents : une révolte suffirait à tuer le seigneur et l’archer, et à balayer l’éventuel moulin.

Avez-vous d’autres petites astuces de ce genre ?

Le caractère de la dame D’Arc a son importance


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Quelle satisfaction et quel sentiment d’invincibilité lorsqu’on pose la carte D’Arc sur une dame avec un caractère puissant :

  • « Béni » : ne subit pas la peste (1)
  • « Téméraire »/ »Intrépide » : +1f au total des dés en attaque (2)
  • « Cruel » : exécute ses prisonniers
  • « Tempétueux » : se déplace et combat par mauvais temps
  • « Ingénieux » : engins de siège
  • « Furtif » : souterrain

Par contre, il y a sentiment de gâchis lorsqu’on est contraint de faire D’Arc une dame au caractère « Rapide ».

Et il y a même un caractère totalement contre-indiqué pour D’Arc : c’est « Lâche ».

Qu’en pensez-vous ?

 

(1) Hier j’ai eu une D’Arc bénite qui a pu échapper à la peste. Enorme émotion !
(2) J’ai mis « Téméraire »/ »Intrépide » car la règle indique « Téméraire » mais la carte de caractère indique « Intrépide ».

Le siège de Jérusalem


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Ce week-end il m’est arrivé une situation étrange : mes croisés se sont retrouvés sans dé d’attaque contre les sarrasins et ont dû assiéger Jérusalem.

Il faut dire qu’après l’appel à la Croisade lancé par le cardinal François de St Gérôme, à grands renforts de publicité et de promesses de richesse et de gloire, de nombreux nobles avaient indiqué leur enthousiasme. Et mon Othon, Duc de Blaye, comptait sur sa haute noblesse (il n’y avait pas de roi) pour choisir un objectif à sa mesure. Ainsi il avait opté pour une petite armée de croisés pour que le reste de son armée étende l’influence de sa famille en France.

Mais quelle surprise de se retrouver seul en Orient ! Et devant Jérusalem qui plus est ! Avec seulement 3 groupes de chevaliers et 2 groupes de fantassins tandis que les sarrasins comptaient 7 groupes de fantassins surpuissants pour défendre la cité. Impossible de faire demi-tour. Othon serait probablement un martyr. Alors il assiégea Jérusalem et dépêcha son plus rapide messager vers la France pour faire état de sa situation et obtenir des renforts.

Par bonheur le message fut reçu et son neveu Gauvain fût désigné pour devenir chevalier teutonique et conduire les renforts. Après moult tractations pour s’assurer que la cité de Blaye ne soit pas pillée en son absence, Gauvain put rejoindre son oncle Othon en Orient avec 5 groupes de chevaliers et 8 groupes de fantassins. L’espoir était revenu !

A peine arrivés en Orient, Saladin déclencha une manoeuvre avec 4 groupes de chevaliers supplémentaires ainsi que 5 groupes de fantassins d’élite. Son plan était de livrer bataille devant la ville sainte pour la protéger et éviter davantage de dégâts collatéraux. L’issue de la bataille était plus qu’incertaine.

Ce fut un carnage de part et d’autre mais Othon sortit vainqueur. Et il offrit le titre de Seigneur de Jérusalem, Roi d’Orient, à son neveu Gauvain sans qui il serait certainement mort ou esclave à jamais.

 

Voici pour le récit. N’ayant pas trouvé la solution dans la règle, nous avons donc résolu le problème en considérant que les croisés assiégeaient la cité et que personne ne bénéficiait de la protection de la fortification puisque le combat se livrait en plaine.

Qu’en pensez-vous ?

La plus grosse armée avec un seul joueur ?


Quel est le nombre maximum de points de combat (PC) et de dés de combat (D6) et bonus (f) avec lequel un joueur peut attaquer seul un village sans fortification … sans/avec les extensions ?

Sans aucune extension :

  • 13 Sergents = 13 PC
  • 8 Chevaliers = 24 PC
  • 4 Seigneurs hommes (ou femmes titrées) = 4 PC
  • +1D6 avec D’Arc titrée
  • +1f avec la relique Sainte Lance

Résultat : 41 PC et 4D6+1f

Avec les extensions Politiques, Tactiques et Chevaliers Teutoniques, on peut ajouter :

  • 3 Archers = 3 PC et tir de 1D6+2 avant les rounds de combat
  • 3 Bombardes = relance possible de 3D6
  • 5 Mercenaires = 5 PC
  • Troupes du Roi = 2 Sergents Royaux + 2 Chevaliers Royaux = 8 PC et +1f
  • 4 Chevaliers Teutoniques = 12 PC et +4f si le Grand Maître est en place
  • Caractère Téméraire = +1f

Résultat : 1D6+2 avant les rounds de combat puis 69 PC et 4D6+7f avec possibilité de rejouer jusqu’à 3D6

L’armée est composée de

  • Toutes les troupes du joueur : 13 Sergents, 8 Chevaliers, 3 Archers, 3 Bombardes, 4 Chevaliers Teutoniques
  • Les 5 Mercenaires
  • La relique Sainte Lance
  • Le Roi avec toutes ses troupes Royales : 2 Sergents Royaux et 2 Chevaliers Royaux
  • D’Arc avec un titre de Fief
  • Un Seigneur avec le caractère Téméraire

Le joueur devrait donc avoir au moins 2 titres de Fief, D’Arc, le Roi et un Seigneur Teutonique, autrement dit, déjà 3 points de victoire (PV).

J’espère n’avoir rien oublié.

Pourquoi les Templiers sont-ils difficiles à jouer ?


Templiers_1

La principale difficulté est que les seigneurs Templiers ne peuvent pas attaquer des chrétiens, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas attaquer du tout, sauf les sarrasins avec l’extension Croisades. Mais ils peuvent (heureusement) se défendre, notamment pour sortir d’un siège (considéré comme un acte défensif).

Or Fief est un jeu où la conquête territoriale demeure un des axes essentiels.

Un seigneur Templier affaibli donc l’aspect militaire du joueur mais en revanche il renforce l’aspect économique : commanderies, trésor. Il faut être fin négociateur pour conserver (voire augmenter) ses positions, et in fine ses Points de Victoire.

Par ailleurs, les seigneurs Templiers ne peuvent pas avoir de titre, ni même par héritage. Cela oblige à concentrer les titres sur les autres seigneurs de la famille. Cela peut réduire le nombre de voix dans les élections.

Ensuite, les Templiers ne peuvent pas commanditer d’assassinat. Bon … ce n’est pas si gênant.

Enfin, avoir un seigneur Templier dans sa famille empêche d’avoir un seigneur Teutonique. Là c’est plus gênant parce que la voie « pacifique » des Templiers interdit à court-moyen terme de changer de voie pour basculer dans la voie « militaire » des chevaliers Teutoniques. Or à Fief les retournements de situation peuvent être rapides et il faut souvent adapter sa stratégie … ce qu’empêche dans une certaine mesure les Templiers.

Pour résumer, la voie des Templiers est selon moi la plus difficile à jouer. Car c’est une voie plutôt « pacifique » dans un jeu de conquête. Autrement dit, elle nécessite de bien maîtriser le jeu et d’être fin négociateur.

Quelles extensions jouez-vous ?